Octobre 2018

lac d'annecy a sec bain de sable 2018

Chaleur, sécheresse, et dur labeur font partie du quotidien de nos petites protégées depuis plusieurs mois maintenant ! L’été n’en finit pas de se prolonger et les pluies tant attendues ne viennent pas. Résultat : le lac d’Annecy serait au plus bas depuis 1906 ! C’est l’écosystème dans sa globalité qui en fait les frais. Nos abeilles doivent non seulement redoubler d’effort pour trouver des sources de nectar et de pollen, mais aussi redoubler d’effort pour se désaltérer. Il a y bien longtemps que notre cuve est à sec.

Des précipitations sont bien annoncées, sauf qu’en lieu et place de pluie, c’est directement des flocons qui tomberont…une transition brutale qui risque d’entrainer de la casse parmi les colonies.

En attendant, revenons sur la dernière intervention de l’année, la visite d’automne, que nous avons menée mi-octobre. Elle nous permet de dresser le bilan des colonies et de répondre à la question suivante : sont-elles armées pour passer l’hiver dans de bonnes conditions ?

ruche ouverte avec des abeilles

Que se passe-t-il dans la ruche ?

Les récoltes de pollen encore intenses et constatables sur les planches d’envol ne traduisent pas un élevage intense comme c’est le cas au printemps. Bien au contraire, la reine diminue de plus en plus sa ponte et les abeilles se concentrent sur l’élevage de celles qui assureront la survie de la colonie. Elles fournissent le moins d’efforts possibles pour ne pas s’épuiser physiquement

Par ailleurs, et c’est tout l’objet de ces rentrées de pollen, les abeilles renforcent leur organisme en en consommant d’importantes quantités. Elles disposeront ainsi de l’ensemble de leurs capacités lorsque la nature se réveillera en février prochain.

reine et pollen

Quelles interventions sur les ruches ?

Pour nous, apiculteurs, un été qui se prolonge est une belle opportunité d’ouvrir nos ruches assez tardivement. Il est encore temps d’estimer la force des colonies tenant compte du nombre d’abeilles, de la qualité du couvain et des provisions.

apiculteur confidences d'abeilles travaillant sur uen ruche
  • Si la surface de couvain est trop faible on peut encore stimuler la reine par un apport de sirop 50/50 (début octobre et en plaine)
  • Des cadres ne sont pas occupés par les abeilles, voire quasiment vides. Il faut réduire le volume de la ruche en ajoutant une partition.
  • Une colonie semble trop faible pour passer l’hiver. Il est encore temps de la réunir avec une autre.
    Extérieurement, des signes tels qu’une activité très faible par rapport à ses voisines, peu de rentrées de pollen, des intrus non repoussés, un sirop de stimulation non consommé, doivent nous alerter. Il suffit de l’ouvrir pour confirmer l’observation (moins d’un cadre de couvain, seulement trois ou quatre cadres occupés, c’est trop juste). L’union faisant la force, les abeilles réunies s’en sortiront beaucoup mieux ensembles. Elles aborderont la reprise d’activité moins fatiguées et pourront rapidement être redivisée en deux colonies distinctes.
  • On en profite également pour déplacer les bandes de traitement contre le varroa et les positionner contre le couvain. C’est là que le contact sera le plus efficace.
  • Incliner légèrement les ruches sur l’avant pour faciliter l’évacuation de l’eau de liquéfaction.
  • Bloquer les portes d’entrées en position basse pour éviter que des pilleurs n’essaient de pénétrer dans les ruches.
  • Placer un isolant entre le couvre cadre et le toit (vieux journaux, polystyrène, etc.).
cadre plein de miel

Enfin, il est intéressant de peser ses ruches. D’une part pour estimer les réserves et d’autre part pour suivre la consommation au cours de l’hiver. On peut se munir du peson connecté connectHive, véritable assistant personnel de visite, qui tracera seul les courbes poids pour l’ensemble de son rucher. Sinon et en attendant sa sortie, un simple pèse bagage fait l’affaire. On glisse un crochet à gauche puis à droite et on somme les 2 valeurs. L’approximation du poids permet de détecter rapidement les ruches trop légères. Pour une ruche Dadant 10 cadres en bois, le poids doit se situer autour de 35kg. C’est ce que nous avons constaté en moyenne sur nos ruches (34kg). Seules les plus faibles et les essaims recevront donc un apport de candi pour éviter la famine en février prochain.

abeilles prenant un bain de soleil devant ruche

En attendant novembre, on profite des dernières chaleurs pour observer nos protégées prendre leurs derniers bains de soleil, un spectacle toujours aussi fascinant.

L’équipe Confidences d’Abeilles

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