Août 2018

fin été champ paille août

La saison tire doucement à sa fin et le moins que l’on puisse dire est qu’elle fut étonnante. En rupture avec les précédentes, elle nous a proposé, en Haute-Savoie, un joli spectacle. Le printemps fut excellent, trop peut-être, et nos colonies ont pu très rapidement remplir les premières hausses avec plusieurs semaines d’avance. Ce temps orageux aura bien inspiré nos petites protégées puisqu’environ 1/3 d’entre elles en ont profité pour essaimer ! Nous avions pourtant tout mis en œuvre pour limiter au mieux ce phénomène, mais l’instinct de survie de l’espèce a pris le dessus. Deux fois moins nombreuses, ces colonies ont donc plus ou moins collecté de nectar. Globalement, la récolte est légèrement meilleure qu’en 2017.

Fortes chaleurs et production à l’arrêt

devant ruche abeille entrée août

Il a fait chaud, très chaud, et personne n’a pu y échapper. A commencer par la nature qui jaunissant nous criait sa soif. Ce manque d’eau s’est immédiatement traduit par une absence de nectar dans les rares fleurs encore disponibles. Privées de ces sources de nectar, les abeilles ont donc stoppé leurs récoltes et se sont plutôt rabattues sur des solutions de secours telles que les sodas, les fruits trop mûrs, et les terrasses de restaurants. Un comportement rare qui témoigne de l’intensité de cette sécheresse et de la « crise » qu’elles ont dû traverser.

Une crise doublée d’un renforcement du contrôle à l’entrée de la ruche. En effet, un tel butin attise largement les convoitises de congénères voire d’autres insectes (guêpes) qui choisissent la facilité en venant piller l’intégralité des provisions d’une colonie. Il en résulte la mort de cette dernière.

Heureusement, au moment où nous écrivons ces lignes, les orages et pluies intenses ont fait leur retour pour le plus grand bienfait de la végétation et de nos abeilles. Les prairies reverdissent, les fleurs bourdonnent de nouveau d’abeilles, et le nectar rentre !

cadre miel août

Dernière récolte

Les temps durs ont quelque peu chamboulé le planning et cette dernière récolte a eu lieu plutôt que prévu. Début août donc, en plusieurs temps, et parfois aidés de novices s’étant transformés en apiculteurs d’un jour à l’occasion de nos visites, nous avons récolté les dernières hausses.

Sous l’orage et les fortes chaleurs, après de belles suées et une certaine fatigue, nous avons fini par extraire le cru 2018. Il mature sagement avant d’être mis en pot pour votre plus grand bonheur ?

Récolte du miel sur le rucher confidences d'abeilles au cours d'une visite avec des novices août

Dans la ruche

La rentrée, voilà la seule chose qu’ont en commun les abeilles et les vacanciers ! En effet, le mois d’août est un mois charnière entre la période de récolte intense et celle de la préparation à l’hivernage. D’ici quelques jours les colonies chercheront à assurer leurs arrières pour « traverser » l’hiver dans les meilleures conditions possibles. Les actions mises en place par les abeilles sont déjà visibles puisque l’intégralité des mâles (les faux-bourdons) ont disparu de nos ruches. La raréfaction très rapide des ressources mellifères aura signé leur arrêt de mort plus tôt que prévu.

abeille butinant mais pollen août

De quoi ont-elles besoin ?

  • D’un collectif, d’un groupe suffisamment populeux pour assurer un certain « chauffage » au cours de l’hiver (on y reviendra)
  • D’individus, les abeilles d’hiver, en excellente santé, capables de relancer la colonie en janvier/février
  • Donc de pollen et de miel de qualité. Les grandes cultures étant rares autour d’Annecy, nos abeilles bénéficient de pollens issus de fleurs sauvages qui ne sont donc pas traitées.
  • D’absence de virus/parasites. Il est donc impératif de traiter rapidement contre le varroa et de libérer ainsi les colonies de sa pression. De plus et c’est assez alarmant, une large proportion des ruches sont atteintes de la maladie noire. Les symptômes sont légers, mais les cadavres d’abeilles à l’entrée des ruches forment déjà de petits tapis… Sans action rapide, ces colonies ne se réveilleraient probablement pas au printemps prochain !
récolte miel avec des chevaux août

Comment les accompagner ?

Il suffit de laisser tranquille les colonies qui se portent bien tout en leur proposant toujours un environnement favorable : point d’eau, ruche en bon état, accès dégagé, prairie fleurie tardive pour leur fournir des sources de nectar supplémentaires. Nous allons tout de même nous assurer que :

  • les reines aient bien repris leur ponte et que celle-ci soit de qualité
  • le traitement contre le varroa réduise effectivement le nombre d’acariens par ruche
  • les cadres soient suffisamment plein de miel (aucune inquiétude sur la quantité de provisions aujourd’hui)
  • les essaims se renforcent suffisamment pour affronter l’hiver

Si l’un de ces paramètres n’est pas satisfaisant sur une colonie, nous pouvons lui donner un coup de pouce. Cela peut être un apport de sirop de stimulation pour commencer, un traitement renforcé, une optimisation du volume de la ruche, une réunion entre 2 faibles, etc.

Enfin, on s’assure aussi que les colonies puissent se défendre contre les pillards. En réduisant les entrées des ruches, on concentre les gardiennes sur une ouverture plus faibles et il leur est plus aisé de repousser les guêpes, les frelons et autres profiteurs de passages.

Et sans accompagnement ?

Difficile de répondre à cette question, toujours est-il que les colonies dans le besoin et qui n’ont malheureusement pas pu bénéficier de notre conduite ont périclité. Le résultat est visible sur la photo ci-dessous. Trop faibles, probablement pillées, elles ont fini par servir de garde-manger à la fausse teigne. Le feu fut la seule solution envisageable à ce stade de l’infection.

fausse teigne maladie feu août

Bonne rentrée à tous,

L’équipe Confidences d’Abeilles

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